La musique classique indienne


Raga signifie : ce qui plaît, saveur, passion, couleur et attachement.
Unité et figure mélodique de la musique classique Indienne, un raga est une combinaison de notes qui forment un mode. Les modes nombreux et différents, aux règles bien définies; identifiables par leur façon de monter et descendre les degrés, par le langage musical spécifique qui les caractérise et par d’autres subtilités (notes dominantes, sous dominantes, effleurées, interdites, etc); sont par nature, associés à un sentiment, un état d’âme précis (joie, mélancolie, peur, etc).
Pour exprimer un Raga, le musicien ayant choisi son mode, s’appuie sur une note fondamentale appelée le SA. Et c’est pour Sa, que la tanpura, (l’instrument voué au bourdon), sert de base à chaque récital, égrenant en continu la tonique (sa) et la quinte.
L’improvisation pure, (toujours dans le cadre fixe et précis du raga), est une part importante de la musique indienne.

La musique Hindustanie (Nord) est micro-tonale, elle utilise les douzes demi-tons de la gamme chromatique que nous connaissons, plus des intervalles spécifiés entre les demis-tons, ce qui fait un total de 22 notes en tout (aujourd’hui). Un des éléments majeur (même pour une gamme mineure) de cette musique est le glissando, qui relie les notes entre elles, établissant une relation constante du premier au dernier son émis, tous silences confondus. Le raga se déroule comme un tapis magique.


Déroulement d’un Raga :

  • Alap, ou le raga prend forme et vie.

L’alap est un prélude très lent, au cours duquel le soliste, sans accompagnement rythmique, accoste sur les rives du mode, faisant couler le raga goutte à goutte, dévoilant lentement ses secrets, ses parfums, insufflant délicatement son atmosphère, l’explorant au plus profond, dans un subtil jeu d’ombre et de lumière. Ce n’est pas la virtuosité qui prime dans ce mouvement, mais les sentiments présents du musicien, son expression créatrice , sa relation intime avec la musique. L’alap est considéré comme la partie essentielle, mais aussi la plus ardue de l’improvisation.

  • Jod, ou le raga se met à marcher et à bondir.

Au cours de ce second développement, le soliste instaure des cycles rythmiques (tempo et mesure). Les tablas (percussions) arrivent ensuite, au moment où le thème du Rag (composition) est dévoilé. Le rythme s'accélère progressivement dans une danse cyclique fascinante et complexe. Le jeu mélodique et rythmique de plus en plus élaboré (techniquement),ouvre des horizons nouveaux dans l’espace des improvisations.

  • Jhala, ou le raga prend feu et s’envole en emportant le ciel.

La virtuosité des musiciens est à l’honneur dans ce mouvement où concernant la vitesse d’exécution, le mur du son peut être allègrement franchi. Les questions et les réponses fusent de toutes parts, dans les combinaisons de rythmes de plus en plus complexes. Vagues mélodiques déferlantes et éclairs rythmiques jaillissants donnent lieu à un dialogue extraordinaire, inoubliable. L’émotion du raga porté à son comble envahit autant les musiciens que le public. Le final souvent brusque, donne le frisson de grâce et dans le silence vibrant, le raga accompli, retourne d’où il était venu.

(extrait d’un article de A S Callejon)