“Cherchez sans cesse à progresser en tranquilité, en bonheur, en confiance, c’est l’attitude la plus efficace. N’écoutez pas les suggestions contraires qui vous viennent du dehors.”
Sri Aurobindo
L'histoire a retenu le nom de Śaṅkarācārya. Elle a presque oublié celui de son maître.
Pourtant, derrière les plus grandes réalisations spirituelles se cache souvent une rencontre décisive. Celle de Govinda Bhagavatpada et du jeune Śaṅkara en est l'un des plus beaux exemples.
La tradition raconte qu'après avoir quitté sa mère et embrassé la vie monastique à l'âge de huit ans, Śaṅkara parcourut une grande partie de l'Inde à la recherche de celui qui pourrait le guider jusqu'à la connaissance ultime.
Son voyage le conduisit sur les rives de la Narmadā, à Omkareshwar, où vivait un sage retiré dans une grotte : Govinda Bhagavatpada.
Ce dernier était lui-même le disciple de Gauḍapāda, l'auteur des célèbres Māṇḍūkya Kārikā, premier grand traité de l'Advaita Vedanta. Par cette rencontre, c'est toute une lignée de sages qui allait se transmettre.
La légende rapporte qu'au moment où Śaṅkara arriva, la Narmadā était en crue. Les eaux menaçaient d'envahir la grotte où méditait Govinda Bhagavatpada. Le jeune moine aurait alors déposé son kamandalu — le vase des renonçants — devant l'entrée. Les eaux s'y seraient engouffrées et la crue se serait miraculeusement arrêtée.
Émerveillé autant par la réalisation intérieure que par l'humilité du jeune ascète, Govinda Bhagavatpada l'accepta comme disciple.
Mais le véritable miracle ne résidait sans doute pas dans cette légende.
Il se trouvait dans la qualité de la transmission.
Pendant plusieurs années, Govinda initia Śaṅkara à l'Advaita Vedanta, l'invitant à reconnaître directement l'identité du Soi et de Brahman. Plus qu'un enseignement philosophique, il lui transmit une expérience vivante, celle de la non-dualité.
Lorsqu'il estima son disciple prêt, il lui donna une mission : parcourir l'Inde pour restaurer la sagesse des Upanishads et en raviver la compréhension.
Śaṅkara consacra alors le reste de sa courte vie à cette œuvre immense.
Govinda Bhagavatpada, quant à lui, retourna dans le silence.
C'est peut-être là le destin des plus grands maîtres.
Ils ne cherchent ni disciples, ni renommée.
Ils préparent ceux qui porteront la lumière plus loin qu'eux-mêmes.
Dans la tradition indienne, le maître n'est pas celui qui donne un savoir.
Il est celui qui révèle au disciple ce qu'il est déjà.
Et lorsque cette reconnaissance a eu lieu, il s'efface.
Comme la rive qui permet de traverser le fleuve.
Comme la lampe dont la lumière devient invisible lorsque le soleil se lève.

Le solstice d’été est un seuil.
Un moment unique de l’année où le Soleil atteint son apogée, et nous invite à faire rayonner notre propre lumière.
C'est un moment délicat de bascule. Nous sommes encore dans ce temps étale où la lumière est reine, mais bientôt les jours vont, imperceptiblement, raccourcir.
Et pourtant, l’été qui s’annonce n’a pas encore vraiment commencé.
Pendant quelques jours, la course du Soleil semble suspendue. La lumière demeure presque inchangée, comme si le temps lui-même marquait une pause. C'est d'ailleurs le sens du mot solstice : « le Soleil immobile».
Dans la tradition indienne, la lumière n’est pas qu’extérieure : elle est aussi intérieure, vibratoire, spirituelle.
Le son, le chant, la vibration de la voix sont des moyens de l’éveiller, de l’incarner, de la célébrer.
Au cœur de notre approche du Yoga de la Voix, les chants méditatifs du matin sont une manière d’entrer dans la journée en conscience.
Le souffle se pose, la voix s’ouvre dans les graves, au plus proche du silence, le cœur s’accorde.
En ce jour de solstice, offrez-vous un moment de chant méditatif :
– Une note tenue, ou bourdonnée, en pleine présence
– Un mantra lumineux (comme So'ham, Om Ram, ou Surya)
– Un simple ah qui monte avec le souffle du matin
Laissez vibrer ce son dans votre poitrine, dans votre ventre, dans tout votre être.
C’est une offrande, une prière vivante.
Dans notre tradition du Yoga de la Voix, la voix est un chemin de retour vers soi.
Elle ne cherche pas la performance, mais la présence.
Le solstice d’été nous rappelle que la lumière ne vient pas que de l’extérieur.
Elle vit aussi et surtout en nous.
Et la voix peut la révéler.
– Asseyez-vous au calme, tôt le matin ou au coucher du soleil
– Fermez les yeux, respirez
– Ecoutez le Tanpura et laissez venir un chant intérieur, sans chercher à bien faire
– Restez à l’écoute du silence après le son
Observez ce que cela éveille en vous : une sensation, une paix, une chaleur subtile…
Aujourd’hui, ne cherchez pas à comprendre : vibrez.
Laissez la lumière vous traverser, laissez la voix vous ouvrir.
Offrez un chant à ce jour sacré, même silencieux.
Avec cœur et gratitude,
Nathalie & Adam
Parmi les mantras les plus sacrés de l’Inde, le Gāyatrī mantra occupe une place unique. Depuis des millénaires, il invoque la lumière divine afin qu’elle illumine notre intelligence et guide notre conscience.
Sri Aurobindo le considérait comme l’un des plus grands mantras de l’humanité. Il en proposa une traduction devenue célèbre :
« Nous choisissons la Lumière suprême du Soleil divin.
Puissions-nous méditer cette Lumière.
Puisse-t-elle illuminer notre intelligence. »
Pour Sri Aurobindo, le Soleil de la Gāyatrī n’est pas l’astre visible dans le ciel. Il représente la lumière de la conscience, la vérité qui éclaire l’être humain de l’intérieur et l’appelle à une évolution spirituelle.
Le mantra s’adresse à Savitṛ, le Soleil créateur, source de vie et de connaissance. Mais cette lumière ne se trouve pas seulement au-dessus de nous. Elle cherche à naître en nous.
Dans le yoga intégral de Sri Aurobindo, l’être humain est appelé à faire descendre la conscience supramentale dans la matière afin de transformer la vie de l’intérieur.
Chaque récitation du mantra devient ainsi une invitation :
ouvrir l’intelligence à une connaissance plus vaste ;
ouvrir le cœur à une présence plus profonde ;
ouvrir la vie à une conscience plus lumineuse.
Le texte sanskrit dit :
tat savitur vareṇyaṃ
bhargo devasya dhīmahi
dhiyo yo naḥ pracodayāt
« Nous méditons la splendeur divine du Soleil suprême. Qu’il illumine notre intelligence. »
Mais Sri Aurobindo composa également sa propre Gāyatrī, une prière tournée vers la transformation de la conscience :
oṃ tat savitur varaṃ rūpaṃ
jyotiḥ parasyaṃ dhīmahi
yan naḥ satyena dīpayet
Que l'on peut traduire ainsi :
« Nous méditons sur la forme suprême du Soleil divin,
la Lumière du Transcendant.
Puisse-t-elle illuminer tout notre être par la Vérité. »
Dans cette invocation, la lumière n’éclaire plus seulement l’intelligence. Elle descend dans tout l’être afin de le transformer par la vérité.
Pour Sri Aurobindo, cette prière védique demeure d’une étonnante actualité. L’humanité traverse de profondes mutations, mais la véritable transformation commence toujours dans la conscience.
La lumière que nous invoquons n’est pas extérieure.
Elle attend déjà en nous.
Et chaque fois que nous chantons le Gāyatrī mantra, nous nous tournons vers cette aurore intérieure qui cherche à naître dans le cœur humain.
Extrait de "Contemplez ces Vérités" causeries matinales de Swami Chidânanda
"Ce jour est un jour nouveau. Il n'a jamais existé auparavant, et il n'existera jamais plus. Considérez son caractère unique, sa spécificité à lui, le seul jour de son espèce, impossible à comparer à aucun autre jour passé ou à venir. il fait partie de Dieu. Dieu est éternité sans temps, et une journée est une petite unité de ce non-temps, mesurée par la conscience humaine limitée et restreinte par un maintenant-et-avant, par un ici-et-ailleurs.
Prenez donc ce jour et faites-en une échelle pour accéder à de plus hauts sommets. Ne permettez pas que la fin du jour vous trouve semblable à ce que vous étiez au commencement. Vivez ce jour avec sagesse. Traversez-le de telle façon qu'au coucher du soleil vous aurez été enrichi par la manière dont vous aurez utilisé les opportunités qui se seront présenté à vous, dont vous aurez répondu noblement à l'appel du devoir, et par la manière idéale dont vous aurez réagi aux choses, aux événements et aux êtres autour de vous. Faites de ce jour un jour unique, mémorable. enrichissez-le, et ce faisant, enrichissez vous.
Ce jour est un don de Dieu. Il n'est donc pas quelque chose d'ordinaire, de fortuit, qui va de soi. Il vous est spécialement offert. Prenez-le entre vos mains avec un sentiment de ferveur. Employez chaque parcelle de votre énergie - intellectuelle, émotionnelle, mentale, physique - pour en faire une journée parfaite. Vivez-le avec la calme détermination d'obéir à tous vos idéaux et tous vos principes de vie, sans hâte, sans précipitation, sachant que vous avez toute l'éternité. mais soyez en même temps dynamiquement vigoureux dans le processus d'évolution.
Sachant que vous avez toute l'éternité, traversez ce jour calmement, sereinement, sans précipitation, sans hâte avec cette paisible détermination : "je vais utiliser chaque instant de cette journée au plus haut et au mieux, et ainsi, j'avancerai peu à peu vers le But". néanmoins, ne laissez pas cette idée induire une léthargie, une attitude tamasique (de tamah : lourdeur, ombre, sommeil)...
... Ainsi, soyez déterminé à utiliser chaque instant de cette journée de la manière la meilleure et la plus noble, mais que votre détermination soit calme et sereine. Juxtaposez les deux. Faites-en une journée à la fois résolue et sereine.
Un mystique a dit : "vivez chaque jour comme s'il était votre dernier sur terre, comme si vous ne deviez pas voir le soleil se lever demain."
Si ce jour était le dernier qui vous soit donné, quel trésor vous en feriez ! Quelle valeur vous lui accorderiez ! Combien vous le rempliriez de tout ce qu'il y a de plus élevé, de meilleur, de plus noble, sublime, parfait ! Vous diriez : "Qu'il me soit donné de faire de ce jour un jour parfait. Qu'il me soit donné d'être plein de la qualité divine. Qu'il me soit donné d'être un foyer de joie, manifestant la joie, la félicité, ananda (la béatitude). Que je manifeste la paix. Que je manifeste une sagesse lumineuse, et la Connaissance. Que je témoigne de l'éternité de l'existence de Dieu, ici et maintenant, de la présence de Dieu. Qu'elle rayonne dans mes pensée, mes paroles, mes actes. Que je puisse en ce jour exprimer Dieu-en-moi de toutes les façons."
Abordez ainsi chaque jour avec spiritualité et emplissez-le de tout ce qui est sacré et divin. C'est la clé de la félicité. C'est le chemin assuré vers la perfection. C'est le secret d'un progrès ininterrompu et d'une réalisation certaine.
Swami Chidânanda
© Artothem Ces textes originaux sont issus de nos recherches et de notre travail. Merci de les respecter et de ne pas les réutiliser.
ECOLE DU YOGA DE LA VOIX Nathalie et Adam
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"Très belle expérience même pour une néophyte comme moi qui aime chanter et la musique indienne. Nathalie et Adam nous guident de façon tellement progressive, structurée, entraînante. C'est magique. On ressort tout dynamisé et régénéré du bain vibratoire ! Une initiation."
Françoise
